
Un pratiquant régulier sur huit s’entraîne moins parce que les autres ne sont pas disponibles
L'équipe Smatchy
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Le baromètre national des pratiques sportives publié le 17 décembre 2025 par l’INJEP et le CRÉDOC, réalisé auprès de 4 010 personnes début juillet 2025, établit que soixante et un pour cent des Français pratiquent une activité physique régulière. Dans cette même enquête, douze pour cent des pratiquants réguliers déclarent qu’ils pratiqueraient davantage si leur activité n’impliquait pas d’autres personnes qui ne sont pas toujours disponibles. Ce n’est pas le premier frein. C’est en revanche le seul que personne n’a essayé de résoudre.
Combien de Français font du sport aujourd’hui ?
Soixante et un pour cent de pratique régulière, c’est deux points de plus qu’en 2023 et sept points de plus qu’en 2018. Sur douze mois, soixante-douze pour cent des Français déclarent au moins une activité physique ou sportive, et quatre-vingt-un pour cent si l’on compte les mobilités actives comme le vélo ou la marche utilitaire.
Le fait marquant de cette édition tient à l’égalité retrouvée entre femmes et hommes : soixante et un pour cent contre soixante-deux, soit un point d’écart, quand il en séparait six en 2018. La fracture qui demeure est scolaire et sociale, avec soixante-dix pour cent de pratiquants réguliers chez les titulaires du baccalauréat ou plus, contre cinquante-deux pour cent en deçà.
Le mouvement se lit aussi dans les licences. La France comptait 17,2 millions de licences sportives en 2024, réparties entre cent vingt fédérations, en hausse de trois virgule huit pour cent sur un an et de cinq virgule trois pour cent par rapport à 2019. Les femmes en détiennent 38,9 %, soit 6,66 millions. Le football en concentre 2 352 000, le tennis 1 169 000, le basket 615 771, le handball 591 324, le rugby 424 300 et le badminton environ 210 000.
Pourquoi arrête-t-on le sport alors qu’on en a encore envie ?
Dans le classement des raisons pour lesquelles les pratiquants réguliers ne pratiquent pas davantage, les contraintes professionnelles, scolaires ou familiales arrivent très largement en tête à cinquante pour cent. Viennent ensuite le coût à vingt et un pour cent, les horaires inadaptés à dix-sept pour cent, puis, à égalité à douze pour cent, les lieux trop fréquentés et la disponibilité des autres personnes qu’implique la pratique.
Douze pour cent, c’est un pratiquant régulier sur huit. Rapporté à une population où soixante et un pour cent des adultes pratiquent régulièrement, cela représente plusieurs millions de personnes qui pratiqueraient plus si un partenaire était disponible au bon moment.
Chez les non-pratiquants et les pratiquants occasionnels, la même enquête relève que huit pour cent ne pratiquent pas parce qu’ils ne connaissent personne avec qui le faire. Une enquête antérieure de l’INJEP, publiée en novembre 2021 à partir d’une base de douze mille individus, situait cette proportion à quatorze pour cent. L’écart entre les deux tient au moins pour partie à la formulation et à l’échantillon, et invite à retenir un ordre de grandeur plutôt qu’une valeur.
Il faut d’ailleurs dire clairement ce qui n’existe pas : il n’y a aucune statistique publique française du type « X pour cent des Français renoncent à faire du sport faute de partenaire ». Si tu croises ce genre de phrase quelque part, elle a été inventée. Ce vide est en soi une information, parce qu’il signale un sujet que l’appareil statistique n’a jamais traité pour lui-même.
Combien de personnes s’entraînent seules ?
Le même baromètre indique que cinquante pour cent des Français pratiquent principalement seuls, une proportion quasi identique aux quarante-neuf pour cent de 2018. C’est la donnée la plus stable de toute l’enquête.
Dans le même temps, la part de ceux qui pratiquent dans le cadre d’un club ou d’une association est passée de vingt-quatre pour cent en 2018 à vingt pour cent en 2025. Le baromètre Sport Santé de la FFEPGV réalisé avec Ipsos auprès de deux mille personnes fin 2024 confirme l’orientation générale : soixante pour cent des pratiquants privilégient des activités individuelles, trente et un pour cent des sports collectifs.
Le tableau d’ensemble est donc celui d’un pays qui pratique de plus en plus, de moins en moins encadré, et majoritairement seul. Ce qui a disparu, ce n’est pas l’envie de pratiquer avec d’autres. C’est l’institution qui organisait cette rencontre par défaut.
Qu’est-ce qu’un partenaire de sport change vraiment ?
Ici, il faut trier, parce que le sujet est saturé d’affirmations séduisantes et invérifiées.
La comparaison sociale, c’est-à-dire le fait de se situer par rapport à d’autres, a été évaluée par une méta-analyse publiée en 2025 dans Nature Human Behaviour portant sur soixante-dix-neuf essais contrôlés randomisés et plus de 1,3 million de participants. Elle trouve un effet réel mais modeste à court terme, qui s’atténue encore à long terme, avec une qualité de preuve jugée faible à modérée.
L’effet Köhler, ce phénomène par lequel le membre le plus faible d’un binôme fournit un effort supérieur lorsque la performance commune dépend de lui, a fait l’objet d’une méta-analyse préenregistrée en 2023 portant sur dix-neuf études et 1 912 participants. Le gain de performance en binôme y est significatif. Attention toutefois à ce que cela mesure : des tâches courtes, en laboratoire, souvent avec des partenaires virtuels. C’est l’intensité d’une séance, pas l’assiduité sur six mois.
Une étude par journal quotidien menée sur quatorze jours auprès de quatre-vingt-quinze jeunes adultes en couple montre que les jours où l’on s’entraîne avec son partenaire s’accompagnent d’un affect positif et d’une satisfaction relationnelle plus élevés. Elle ne trouve en revanche aucun effet sur le volume total d’exercice.
On cite souvent une étude américaine des années 1990 rapportant un abandon à douze mois de six virgule trois pour cent chez les personnes inscrites en couple contre quarante-trois pour cent chez celles inscrites seules. Le contraste est spectaculaire, mais il repose sur soixante-deux personnes, dans une seule salle, sans tirage au sort et sans réplication depuis. Il ne prouve rien à lui seul.
Qu’est-ce qu’un partenaire de sport ne change pas ?
La méta-analyse publiée en avril 2026 dans Nature Human Behaviour, la plus vaste sur le sujet, est nette sur un point : à l’échelle des programmes de promotion de l’activité physique, le format collectif ne produit pas plus d’activité physique que le format individuel. Elle compare des interventions, pas des vies ordinaires, et elle ne dit rien du binôme en particulier. Mais elle suffit à disqualifier la promesse la plus courante.
Il faut ajouter qu’aucune méta-analyse n’isole à ce jour ce que l’on appelle l’engagement mutuel, cette idée qu’on tient parce qu’on a promis à quelqu’un. C’est une intuition solide, largement partagée, et ce n’est pas un fait établi.
L’argument honnête n’est donc pas que tu tiendras mieux avec un partenaire. C’est que tu y prendras davantage de plaisir, que la séance sera meilleure, que la relation en sortira renforcée, et que pour certains sports tu ne peux tout simplement pas jouer sans.
Quels sports imposent d’être plusieurs ?
Le padel se joue à quatre, le règlement international ne prévoit pas d’autre format. Le tennis en double aussi, le badminton en double aussi, le tennis de table oppose au minimum deux personnes. Dans ces disciplines, le partenaire n’est pas un agrément, c’est une condition d’existence de la séance.
Le marché l’a compris avant les statisticiens. La plateforme Playtomic, qui revendique quatre millions d’utilisateurs, plus de 6 700 clubs et soixante-six pays, indique que plus de vingt pour cent des réservations au Royaume-Uni passent désormais par des matchs ouverts, où l’on s’inscrit seul et où la partie se complète avec des inconnus, et fait état de plus de dix mille matchs ouverts aux États-Unis sur la seule année 2025. Aucune donnée équivalente n’est publiée pour la France.
Le contexte social ne rend pas la question moins vive. L’enquête Solitudes de la Fondation de France, menée en juillet 2025 auprès de trois mille personnes, relève onze pour cent de situations d’isolement relationnel et vingt-quatre pour cent de Français qui déclarent se sentir régulièrement seuls, avec des taux qui montent à trente-sept pour cent chez les moins de vingt-cinq ans et trente-six pour cent chez les vingt-cinq à trente-neuf ans.
Comment trouver un partenaire de sport près de chez toi ?
Commence par le créneau, pas par la personne. La contrainte numéro un du sport en France est le temps disponible, à cinquante pour cent des réponses, très loin devant tout le reste. Un partenaire idéal qui ne peut jamais le mardi soir ne te servira à rien.
Sois explicite sur ton niveau dès le premier message. Le décalage de niveau est ce qui tue une relation sportive naissante, parce qu’il ennuie l’un et décourage l’autre. Écrire « débutant, échanges tenus, aucune compétition » t’apportera moins de réponses et beaucoup plus de séances.
Vise la séance, pas la saison. Cinquante pour cent des Français pratiquent seuls et vingt pour cent seulement en club : le format qui correspond réellement aux usages actuels est le rendez-vous ponctuel renouvelé, pas l’engagement annuel.
Et si la personne manque, c’est là que Smatchy intervient : te mettre en relation avec des pratiquants de ton niveau et de ton secteur, pour jeudi soir, sans club à rejoindre ni abonnement à souscrire.
