Le padel a été multiplié par sept en quatre ans, et il ne se joue toujours qu’à quatre
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Le padel a été multiplié par sept en quatre ans, et il ne se joue toujours qu’à quatre

SC

L'équipe Smatchy

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La Fédération française de tennis a franchi les 100 000 licences padel en juin 2025, contre 70 491 un an plus tôt et environ 18 000 en 2021. Sur la même période, le pays est passé de 2 917 pistes en juin 2025 à 4 066 à la fin de la même année. Aucun autre sport ne grandit à cette vitesse en France. Et aucun autre ne t’interdit aussi radicalement de jouer quand il te manque une personne.

De combien le padel a-t-il progressé en France en quatre ans ?

La série est nette : environ 18 000 licences padel en 2021, 37 512 en 2023, 70 491 en 2024, plus de 100 000 en juin 2025. C’est une hausse de quarante-deux virgule sept pour cent sur la seule dernière année, et à peu près sept fois plus qu’il y a quatre ans. Pour mesurer le chemin parcouru, il faut se rappeler qu’en 2014 la France comptait une dizaine de clubs de padel.

Les infrastructures suivent au même rythme. En juin 2025, la fédération recensait 2 917 pistes réparties dans 959 clubs, soit environ quarante pour cent de pistes et vingt-cinq pour cent de clubs de plus qu’un an auparavant. À la fin de l’année, le compte montait à 4 066 pistes et près de 1 027 clubs. Le rapport mondial publié en 2026 par Playtomic attribue à la France 1 142 nouvelles pistes construites sur la seule année 2025, davantage que dans n’importe quel autre pays.

Ce même rapport place la France dans ce qu’il appelle le point d’équilibre du marché, avec une occupation de neuf à dix heures par jour et par piste. C’est assez pour que les clubs soient rentables, pas assez pour que réserver devienne un calvaire. Au Royaume-Uni, où l’occupation atteint quatre-vingt-cinq pour cent aux heures de pointe, la moitié des joueurs interrogés déclarent avoir du mal à obtenir un créneau.

Combien de joueurs de padel y a-t-il vraiment en France ?

Il faut être précis ici, parce que les chiffres circulent en désordre. Trois comptages coexistent, et les trois sont exacts dans leur périmètre.

Il y a d’abord les 100 000 licences padel délivrées par la Fédération française de tennis, annoncées le 17 juin 2025. Il y a ensuite les 272 000 licenciés de cette même fédération qui déclarent jouer au padel, chiffre publié par son observatoire le 19 novembre 2025 : ce sont pour l’essentiel des licenciés tennis qui pratiquent aussi le padel, et non des licences padel supplémentaires. Il y a enfin les 850 000 pratiquants estimés par l’Observatoire du Padel 2025, mené par l’Union Sport et Cycle avec la fédération auprès de 5 520 joueurs, qui englobe tous ceux qui jouent sans être licenciés nulle part.

Le même désordre existe à l’échelle mondiale. La Fédération internationale de padel avance environ trente-cinq millions de joueurs et 77 300 pistes, quand le rapport Playtomic 2026 en compte 19,4 millions et 58 334. Les deux chiffres sont publiés, aucun n’est faux, ils ne mesurent simplement pas la même chose. Quand tu lis un chiffre sur le padel, regarde qui l’a produit avant de le retenir.

Pourquoi un terrain de padel se joue-t-il toujours à quatre ?

Le règlement de la Fédération internationale de padel entré en vigueur le 1er janvier 2026 décrit une piste de vingt mètres sur dix, avec une tolérance d’un demi pour cent, une hauteur libre minimale de six mètres et huit mètres recommandés, des fonds de quatre mètres composés de trois mètres de paroi surmontés d’un mètre de grillage, et un filet de dix mètres tendu à quatre-vingt-huit centimètres au centre et quatre-vingt-douze aux extrémités.

Le détail qui compte n’est pas dans les dimensions, il est dans la rédaction. Ce règlement est écrit d’un bout à l’autre en termes de paires. Le simple n’y est pas traité. Le padel n’est pas un sport qui se joue habituellement à quatre, c’est un sport dont la règle officielle ne prévoit que le double.

Fais l’arithmétique, et elle est parlante même si ce n’est qu’une arithmétique : deux cents mètres carrés partagés par quatre joueurs, cela fait cinquante mètres carrés par personne, contre environ cent quatre-vingt-quinze mètres carrés pour un joueur de tennis en simple. Quatre fois moins d’espace à couvrir, des murs qui renvoient la balle au lieu de la sortir du jeu, et des échanges qui durent. C’est cette densité qui explique le plaisir immédiat du padel, et c’est elle aussi qui rend le quatrième joueur non négociable.

Qu’est-ce qui motive vraiment les joueurs de padel ?

L’Observatoire du Padel 2025 a interrogé 5 520 joueurs sur ce qui les fait venir. Le plaisir arrive en tête à soixante-neuf pour cent, suivi du fait de partager de bons moments entre amis à soixante et un pour cent, du caractère ludique à cinquante, de la passion à quarante-quatre, de la décompression à quarante et un, de la forme à trente-huit, du besoin de se défouler à trente-cinq et de la santé à vingt-quatre. La compétition ferme la marche à six pour cent.

Deux chiffres méritent qu’on s’y arrête, parce qu’ils vont à rebours du discours ambiant. Rencontrer de nouvelles personnes ne motive que vingt-deux pour cent des joueurs. Et la facilité d’apprentissage, argument massue de tous les articles sur le padel, n’est citée que par seize pour cent d’entre eux.

Le reste du portrait est cohérent : quatre-vingt-cinq pour cent jouent entre amis, soixante-dix-sept pour cent boivent un verre après la partie, quatre-vingt-deux pour cent se disent satisfaits de la convivialité, quatre-vingts pour cent réservent à la séance plutôt qu’à l’abonnement. Cinquante-quatre pour cent ont entre vingt-cinq et quarante-quatre ans, quarante-six pour cent jouent au moins une fois par semaine, le padel est le sport principal de la moitié d’entre eux et trente-huit pour cent n’avaient jamais joué au tennis avant. Les femmes représentent seize pour cent des pratiquants français, vingt-deux pour cent chez les nouveaux venus.

Ce que cela raconte, c’est que le padel ne sert pas à rencontrer des gens. Il sert à jouer avec ceux qu’on connaît déjà. Et c’est précisément pour cette raison que le quatrième manquant bloque tout.

Le padel est-il vraiment un sport social ?

Une revue systématique publiée en 2025 dans Frontiers in Psychology par Lauxtermann et Stubbs, portant sur quatorze études et 1 403 participants, dresse un constat instructif : la recherche scientifique sur le padel porte massivement sur la performance, la physiologie et la biomécanique, très peu sur le bien-être et pratiquement pas sur l’intégration sociale.

Autrement dit, la phrase « le padel est un sport social », que tu liras partout, est une affirmation de marché. Elle est probablement vraie, elle est cohérente avec les déclarations des pratiquants, mais elle n’a pas été établie scientifiquement. Même chose pour l’idée que le padel s’apprendrait plus vite que le tennis : aucune étude sérieuse ne compare les deux courbes d’apprentissage. Personne ne peut honnêtement te dire en combien de séances tu sauras jouer.

Combien coûte réellement une heure de padel ?

Il n’existe pas de tarif officiel en France. Les ordres de grandeur disponibles situent la location d’une piste autour de trente-deux euros de l’heure d’après une estimation Playtomic reprise par Deloitte en 2023, et entre trente et quarante-deux euros de l’heure d’après un relevé de presse spécialisée en 2026.

Divise par quatre et tu obtiens huit à dix euros et demi par joueur pour une heure. C’est une arithmétique, pas une mesure, mais elle suffit à comprendre l’économie du padel : c’est un sport bon marché tant que tu es quatre. À trois, la même piste te coûte dix à quatorze euros par tête. À deux, elle n’est tout simplement pas jouable selon les règles.

Comment trouver les trois autres joueurs ?

Tout le reste du padel est réglé. Les pistes existent, elles sont proches, elles sont disponibles neuf à dix heures par jour, la réservation se fait en trois clics et quatre-vingts pour cent des joueurs prennent leur créneau à la séance sans engagement. Ce qui manque, ce n’est jamais le terrain. C’est le quatrième.

Ailleurs, des solutions commencent à exister : Playtomic indique que plus de vingt pour cent des réservations britanniques passent aujourd’hui par des matchs ouverts, où l’on s’inscrit seul et où la partie se complète, et revendique plus de dix mille matchs ouverts aux États-Unis sur la seule année 2025. Aucune donnée équivalente n’est publiée pour la France.

C’est exactement le trou que Smatchy comble : te mettre en relation avec des joueurs de ton niveau et de ton secteur pour la partie de jeudi soir, sans club à rejoindre ni abonnement à souscrire. Parce qu’au padel, trouver une piste n’a jamais été le problème.

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